Départementales 2015: Quand l’UMP et l’UDI font alliance et s’élancent, la gauche se divise et échange des lances

Mardi dernier, plus de 300 aulnaysiens ont fait le déplacement jusqu’à la salle Chanteloup pour applaudir le maire (UMP) Bruno Beschizza et son adjointe Severine Maroun, tous deux candidats UMP-UDI aux élections départementales des 22 et 29 mars prochain. Face à eux, c’est une gauche divisée et blessée qui montre le bout de son nez. Entre collection d’étiquettes et défense de valeurs citoyennes, deux listes de gauche aux idées différentes sont nées.

En 2015, les Français se rendront deux fois aux urnes pour élire de nouveaux élus. | (C) Frank Perry/AFP
En 2015, les Français se rendront deux fois aux urnes pour élire de nouveaux élus. | (C) Frank Perry/AFP

Ils étaient plus de 300 aulnaysiens à avoir fait le déplacement mardi dernier jusqu’à la salle Chanteloup pour accueillir le maire (UMP) Bruno Beschizza et son adjointe Severine Maroun, tous deux candidats pour l’UMP et l’UDI aux élections départementales des 22 et 29 mars prochain. Ceux qui ont été les grands vainqueurs des municipales 2014 remettent ainsi le couvert et comptent bien conquérir le conseil général de la Seine-Saint-Denis qui pourrait bien tomber aux mains de la droite, une première depuis sa création en 1967. Jusqu’alors sous gouvernance communiste, le conseil général est devenu rose socialiste en 2008 sous la direction de Claude Bartolone, qui a laissé sa place à Stéphane Troussel en 2012 pour rejoindre la présidence de l’Assemblée Nationale.

Le maire de la ville et secrétaire national de l’UMP en charge de la sécurité est ainsi entré en campagne pour les prochaines départementales, alors que tout le monde l’attendait pour les élections régionales qui doivent se dérouler à l’automne prochain. « Quelle fierté de vous retrouver et de mesurer le chemin parcouru ! » a-t-il lancé aux nombreux militants et sympathisants présents. A ses côtés, sa première adjointe Severine Maroun a donné le ton, un brin railleur envers le président de la République: « Grâce à nos valeurs de droite, nous avons reconquis nos territoires, nos villes. Et demain notre département et notre région. Nous sommes fiers d’être à droite, fiers de ne pas être un chamallow à la Hollande ! ».

Il faut dire que l’enjeu est de taille: pour la première fois, Aulnay-sous-Bois est rassemblée en un seul canton. Jusqu’à présent, la ville était divisée en deux et devait élire deux candidats distincts. Désormais, avec le charcutage de la carte électorale dans notre département, il faudra voter pour un binôme paritaire de conseillers départementaux qui représentera des cantons plus larges. Jusqu’alors, les conseillers généraux aulnaysiens étaient le centriste Jacques Chaussat (UDI) pour le sud et Gérard Ségura (PS) pour le nord. Ainsi, une union de l’UMP et de l’UDI est inévitable pour faire basculer la collectivité territoriale aux missions diverses, allant de la gestion des routes à la maintenance des collèges. Et ce premier meeting de campagne a donné tous les signes apparents d’une unité UMP-UDI sans faille.

Face à eux, c’est une gauche divisée qui s’annonce. Alors que Guy Challier et Latifa Bezzouya-Cotrie se sont élancés dans la course il y a quelques jours pour défendre les couleurs du PS, PRG, MGC et EELV, un binôme écologiste arborant les logos EELV mais aussi du Front de Gauche s’est érigé ce week-end sur les marchés de la ville. Ainsi, Mackendie Toupuissant (PCF) et Claire Dexheimer (EELV) souhaitent ainsi représenter ces « citoyens qui se rassemblent pour défendre des moyens pour les écoles et les collèges, pour dénoncer les politiques d’exclusion à l’encontre des populations roms et des personnes réduites à devoir mendier, pour débattre des alternatives à opposer à la réforme territoriale conduite par le gouvernement, pour défendre des emplois dans les services publics de la ville, pour s’opposer au projet nuisible Europa City ».

Mais du côté du député (PS) Daniel Goldberg, on entend pas les choses de la même manière: « Ce serait bien de ne pas tromper les citoyens en disant que vous représentez EELV. Dans tous les cantons de Seine Saint-Denis, un accord de rassemblement entre socialistes et écologistes créent la dynamique pour continuer des choix politiques de progrès dans notre département. Vous l’avez refusé à Aulnay, c’est votre choix. Seuls Latifa Bezzaouya et Guy Challier porteront ce projet d’une gauche rassemblée soutenue par EELV, le PS, Le PRG et le MGC » a déclaré le parlementaire en réponse à cette candidature. Hervé Suaudeau, responsable de la section locale EELV Aulnay, estime pour sa part « que les électeurs ne s’intéressent pas à une collection d’étiquettes, cela ne fait pas un projet ».

D’ici là, et dans l’attente d’une candidature du Front National qui se fait pour le moment attendre, les candidats déclarés vonta voir du pain sur la planche. Car au delà de défendre un projet, il s’agira surtout pour eux de faire une campagne pédagogique pour faire comprendre l’importance de l’élection départementale et ses nombreux changements au niveau de l’organisation. Dans un département où l’abstention aux différents scrutins est nettement supérieure à la moyenne nationale, le mot d’ordre général est un appel à la mobilisation des électeurs.

  • JEAN LOUIS KARKIDES

    Peut -on dire que la gauche est divisée lorsqu’un élu UMP de notre ville applaudit la loi Macron?
    Il serait plus juste de déclarer qu’une partie de la gauche,le PS a oublié ses valeurs et ne surfe plus que sur les évènements tragiques du 7 janvier et n’a plus de gauche que le nom…..
    La droite est-elle si unie que cela quand les amis de notre maire ont été mis en minorité à propos du deuxième tour dans le Doubs?
    Entre un Juppé,un Sarkozi, l’écart est grand et si à Aulnay,le FN ne se présente pas,il y aura besoin de clarification.

    • marc

      Je ne vois pas où est la division de l’UMP dans ces élections départementales. Les sujets que vous évoquez ici, pour tenter de démonter une alliance que vous n’avez su réaliser à gauche, ne sont que des petites prises de positions différentes comme on en retrouve partout. Et même chez EELV par exemple: Emmanuelle Cosse apporte bien son soutien à Guy Challier et Latifa Bezzayouya, alors que les militants locaux ont souhaité monter une liste dissidente. Avant de critiquer, il serait bon de faire du ménage devant chez soi !
      Sur ce, je retourne vaquer à mes occupations… et vous feriez d’en faire de même au lieu de toujours commenter derrière votre ordinateur. Ce n’est pas très écologique de laisser son écran allumé toute la journée !