Sur fond de campagne, Manuel Valls rend visite aux cités et aux policiers

Hier, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls était en visite à Aulnay-sous-Bois. Un show orchestré d’une main de maître afin d’en faire profiter la campagne du maire sortant au bilan sécuritaire désastreux pour sa ville. De plus, un aulnaysien a interpellé le ministre sur l’affaire de la quenelle antisémite et sur la question de l’emploi. Retour sur une après-midi en fond de campagne municipale.

Lors de sa visite au coeur du Gros Saule, le ministre de l'Intérieur a été interpellé par un jeune aulnaysien. (C)  Alexandre Gelebart/20 minutes

Lors de sa visite au coeur du Gros Saule, le ministre de l’Intérieur a été interpellé par un jeune aulnaysien. (C) Alexandre Gelebart/20 minutes

Ce lundi, c’est en milieu d’après-midi que Manuel Valls s’est rendu au commissariat de la police nationale dans le sud de la ville, non loin du Collège Le Parc. Lors de sa visite, le ministre de l’Intérieur a insisté sur «la nécessité d’une présence policière forte» dans les quartiers, en particulier au bénéfice des populations les plus démunies, car «l’insécurité est une inégalité supplémentaire». Lors de son déplacement à Livry-Gargan, il a confirmé la création d’un nouveau commissariat de 2.050 m2 qui coûtera 11 millions d’euros et qui accueillera les 108 policiers de la circonscription. En ce qui concerne le projet de commissariat pour Aulnay-sous-Bois n’a pas été évoqué, une sensation de pétard mouillé et de promesse électorale pour appâter certains électeurs inattentifsOui, la Seine-Saint-Denis reste une priorité pour le gouvernement actuel. C’est le message que le ministre est venu porter dans le 93 hier, premier jour de rentrée.

«En Seine-Saint-Denis, l’Etat déploie ses moyens», a-t-il répété, mettant en avant la création de quatre zones de sécurité prioritaire (ZSP) sur le territoire et le déploiement en décembre dernier de 130 policiers en renforts. Selon lui, ces efforts ont déjà porté leurs fruits puisqu’une baisse de 2,6% des violences crapuleuses sur les 11 premiers mois de 2013 a été enregistrée par les forces de l’ordre, tandis qu’une hausse de 16,2% du nombre d’individus mis en cause pour des trafics de stupéfiants a été remarquée sur la même période. Pourtant, une femme n’a pas hésité à s’adresser à Manuel valls devant les médias à la sortie de l’hôtel de ville de Livry-Gargan. Elle s’est émue de ne pas ressentir «sur le terrain» la tendance de ces chiffres. «Je me suis fait agresser. J’ai collaboré avec la police en travaillant avec eux. Mais mon agresseur n’est toujours pas inquiété!», a-t-elle lancé au ministre.

Visite sur fond de campagne et de promesses électoralistes

Mais le ministre de l’Intérieur, en pleine polémique sur l’affaire Dieudonné, a été interpellé par un habitant des quartiers du Gros Saule à Aulnay. Car dans ce quartier, les inquiétudes de la population ne seraient pas uniquement liées à l’insécurité. «La prochaine fois, revenez avec le ministre du Travail», lui oppose ce jeune homme de la cité. «En ce moment, on vous voit beaucoup avec vos histoires de quenelles. Mais ramenez-nous de l’emploi plutôt», poursuit-il, agacé. En tous cas, les visites de terrain ne sont pas toujours de tout repos pour le ministre de l’Intérieur. Après avoir été pris à partie par une habitante de Trappes en juillet dernier, le voilà qu’il fut à nouveau interpellé par un habitant en ce mois de janvier, cette fois-ci à Aulnay-sous-Bois.

Face à ce déplacement, l’opposition municipale s’est élevée contre la venue en propagande du ministre en terre aulnaysienne. Pour le candidat UMP aux municipales Bruno Beschizza, « après une visite éclair au commissariat, le ministre ne s’est rendu qu’à l’entrée du quartier du Gros Saule. Pourquoi éviter le 26-28 rue Schweitzer où les dealers contrôlent le quartier, pratiquent leur « commerce » en toute impunité et pourrissent la vie des habitants ? ». Ironiquement, il s’étonne que le ministre « s’est longuement attardé en mairie d’Aulnay-sous-Bois afin d’entamer une ode au maire sortant, le félicitant au passage pour sa légion d’honneur qu’il lui a lui même octroyé », dénonçant « un véritable tourisme ministériel à vocation électorale, qui ne sert qu’à secourir un maire socialiste en difficulté incapable d’assurer la sécurité des Aulnaysiennes et des Aulnaysiens. »