Une tarification unique pour les cantines des lycées d’Île de France

Le conseil régional Île de France vient de voter une réforme de la tarification de la demi-pension dans ses lycées publiques. Cela permettra aux 471 établissements placés sous la responsabilité de la région d’appliquer les mêmes tarifs, en fonction du quotient familial des familles. Augmentation pour certains, diminution pour d’autres… bref, les nouveaux tarifs n’ont pas fini de faire parler d’eux.

Au retour des vacances, 93600INFOS vous proposera un article en immersion au coeur de la cuisine du lycée Jean Zay d'Aulnay-sous-Bois. | (C) 93600INFOS / Alexandre Conan

Au retour des vacances, 93600INFOS vous proposera un article en immersion au coeur de la cuisine du lycée Jean Zay d’Aulnay-sous-Bois. | (C) 93600INFOS / Alexandre Conan

La décision était déjà officieuse, la voilà maintenant officielle. Vendredi, le conseil régional d’Île de France a décidé de mettre en place progressivement sur quatre ans une tarification unifiée pour les cantines de ses 471 lycées de la région.  Dès la prochaine rentrée scolaire de septembre, les élèves de Seine-Saint-Denis et du Val-d’Oise en bénéficieront, soit 114 établissements et 57 000 demi-pensionnaires. Aujourd’hui, ce sont plus de 270.000 demi-pensionnaire sont inscrits dans les différents lycées de l’Île de France. Et jusqu’à 1.500 tarifs différents pour déjeuner dans ces cantines scolaires. C’est donc pour clarifier et harmoniser l’accès à la demi-pension que le conseil régional a voté une réforme de la tarification des cantines.

Aujourd’hui, selon le conseil régional, « les tarifs pratiqués dans les lycées des huit départements sont extrêmement divers et on constate avec des écarts  allant jusqu’à  2.30 euros entre le ticket le moins cher et le plus cher en 2013 (de 2.76 à 4,05 euros). » Pour expliquer ces disparités, il faut remonter avant 2004. A l’époque, « les tarifs étaient fixés par le conseil d’administration de chaque établissement. Dans le cadre de la décentralisation, les conseils régionaux ont pris en charge la gestion des lycées et de leurs cantines scolaires. Jusqu’alors, la Région Île-de-France a maintenu les tarifs en usage  dans les établissements, tout en assurant des aides financières à la demi-pension pour les jeunes de milieu défavorisé. » Mais les inégalités d’accès entre élèves et entre établissements se sont poursuivies. Selon une étude de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme parue en 2011, « les lycéens issus des classes populaires sont moins nombreux à être demi-pensionnaires que les autres. » Il existe donc un réel facteur tarifaire dans l’accès à la restauration scolaire.

Afin de répondre a ces inégalités, le conseil régional a testé pendant les deux dernières années scolaire dans sept établissements la tarification qui sera appliquée dans tous les lycées d’ici quatre ans. Les tarifs de cantine seront désormais calculés en fonction du quotient familial. Les familles les moins aisées paieront ainsi 1,5€, tandis que les plus riches 4€. Au total, une dizaine de tarifs seront proposés en fonction des revenus. La situation des jeunes, comme des majeurs isolés, qui ne disposent pas de ressources, relèvera du fonds social lycéen ou du fonds social des cantines, comme cela est déjà le cas depuis plusieurs années. Selon le conseil régional, « cette réforme devrait impacter les familles qui paient aujourd’hui des tarifs inférieurs à la moyenne régionale. Mais la prise en compte des revenus des foyers doit permettre de limiter ces possibles hausses de tarif. »