Enquête: Pourquoi la piscine d’Aulnay-sous-Bois ne peut pas rouvrir ?

Le stade nautique de Coursailles, fermé depuis septembre 2014 suite à un sinistre sur la charpente, suscite depuis toutes les curiosités des habitants. Récemment, une association a même demandé à la municipalité de rendre public les rapports et conclusions tirées des diagnostics réalisés. Ces documents ont été diffusés et le constat est sans appel: la construction d’une nouvelle piscine est inévitable à court ou moyen terme.

Les rapports montrent une variété de problèmes sur la stucture du stade nautique de Coursailles. | © Google Inc.

Les rapports montrent une variété de problèmes sur la stucture du stade nautique de Coursailles. | © Google Inc.

Début avril 2016, l’association « Aulnay Environnement » a demandé à Bruno Beschizza, maire (LR) d’Aulnay-sous-Bois, de rendre publics les documents ayant permis à la municipalité de prendre la décision de fermer définitivement le stade nautique de Coursailles, fermé depuis le 14 septembre 2014, date à laquelle une pièce de la charpente a cédé en pleine journée à un moment où la piscine accueillait du public. Dans un soucis de transparence, la municipalité conduite par le maire Républicain a accédé à cette demande.

Cinquante pages de documents

Une cinquantaine de pages ont été transmises à l’association qui a fait le choix de diffuser ces documents sur internet ce week-end. Il est présenté dans cet ensemble documentaire plusieurs notes de services de la ville, une synthèse des relevés et un rapport indépendant des diagnostics réalisés durant les trois mois qui ont suivi le sinistre. Nous y apprenons les potentielles causes de la dégradation de la charpente, les possibles travaux pouvant permettre une réouverture du site mais aussi des projections de faisabilité financières et temporelles.

Photographie du sinistre observé en septembre 2014. | © Cauris Architectes

Photographie du sinistre observé en septembre 2014. | © Cauris Architectes

Des premières défaillances de structure dès les années 80

Plusieurs causes semblent être à l’origine de la dégradation de la charpente, et particulièrement de l’arc culminant, touché par le sinistre. Il y a d’une part le vieillissement naturel de la structure aujourd’hui âgée de près de 50 ans, et une usure du collage du bois lamellé collé, voir un défaut de collage. Une première opération de réparation est d’ailleurs survenue en 1989 sur le sommet de cet arc. L’origine de ce décollement serait aussi dû à une sécheresse constatée dans la partie haute de la toiture (selon les analyses effectuées, l’humidité du bois au sommet serait nettement inférieure aux normes permettant une bonne résistance). Ce phénomène serait lié à un défaut de renouvellement de l’air dans la partie haute de la structure puisque les analyses ne révèlent pas de signes de déshydratation dans les parties basses. Si l’arc 6 est fissuré sur une travée de 6,5 mètres, il est à noter que des signes de difficultés apparaissent peu à peu sur l’arc 5 et ailleurs sur la charpente.

Un renouvellement de l’air qui pose problème

Les taux d’humidité du bois et du bâtiment sont donc sérieusement mis en cause, avec une sécheresse visiblement chronique des parties hautes déjà constatés en 1984 selon des rapports de l’époque. Des essais de régulation de l’équilibre entre la température et l’humidité de l’air contenu dans le bâtiment ont été effectués et montrent que la charpente reprend de l’humidité en conséquence. Néanmoins, les experts soulignent dans leur rapport que malgré cette faculté, le bois ne pourra pas regagner l’ensemble de ses facultés après 30 ans de défaut d’humidité. De plus, de nombreuses fissures déjà repérées en 1989 menacent l’équilibre de la structure à moyen terme, et ce malgré la réalisation de travaux passés ou futurs. Enfin, les documents soulignent la présence de zones de corrosion sur des éléments métalliques en intérieur et extérieur du bâtiment, mais dont les coûts de réparation ne sont pas évalués par cette enquête.

D’importantes dépenses pour une réouverture courte

Dès lors, à minima, l’ensemble des travaux nécessaires s’élèveraient à près de 1 million d’euros pour une réouverture de quelques années seulement et une durée de travaux équivalente à près d’un an et demi. A cela, il faudrait ajouter la nécessaire remise en conformité des espaces ouverts au public soit environ 900 000 € à effectuer dans les trois ans. Cette solution ne permettrait pas d’éliminer les principaux risques. Pour pallier à l’usure de la toiture, le remplacement complet du toit est évalué à 3 millions d’euros, sans compter une nouvelle fois les 900 000 € de travaux de remise en conformité. Une telle décision permettrait de rouvrir la piscine pour une quinzaine d’années au maximum. Une solution encore plus complète, estimée à 9 millions d’euros pour 2 ans et demi de travaux, aurait pu permettre de s’attaquer à l’ensemble des points défaillants et prolongerait la durée de vie de la structure d’une vingtaine d’années. D’autre part, les services de la Ville ont évalué la possibilité d’ouvrir les bassins extérieurs de l’actuel stade nautique. Néanmoins, cette option transitoire représenterait un investissement de 780 000 € en structure et un coût de fonctionnement de 2 millions d’euros annuels.

La perspective d’un nouveau centre pour les 50 années à venir

Dans tous les cas, l’édification d’une nouvelle piscine à court ou moyen terme est inévitable. L’état actuel des finances de la Ville ne permet pas la réalisation de travaux provisoires permettant de rouvrir quelques années de plus le stade nautique de Coursailles, dont les chiffres pourraient en plus augmenter subitement en cas d’imprévu au moment de la réalisation des travaux. A une heure où les services publics doivent avoir une gestion des finances efficiente, la municipalité a donc fait le choix de s’orienter directement vers un nouveau centre nautique dont le coût devrait être d’environ 22 millions d’euros et une durée de vie d’une cinquantaine d’années. Ce nouvel espace innovant, avec une nouvelle implantation géographique, offrira aux aulnaysiens une vision à long terme sur l’utilisation d’un centre nautique neuf.

 

Documents employés pour la réalisation de cet article :



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Fondateur du site d'informations locales 93600INFOS.fr. Etudiant en communication.


  • Jen Louis KARKIDES

    Point de vue conforme aux décisions municipales mais contraire aux expertises des cabinets qui montrent que la réparation est réalisable et que l’ossature peut retrouver un degré d’humidité correcte…Donc le stade de Coursailles avit encore de beaux jours devant lui…