Une future autoroute ferroviaire pourrait passer par Aulnay-sous-Bois: l’enquête publique n’a pourtant pas eu lieu

Afin de proposer une alternative au transport routier, le ministre des transports Frédéric Cuvillier a lancé le projet d’une autoroute ferroviaire entre le Pas-de-Calais et les Landes. Celle-ci devrait être mise en service en 2016. Cependant, son tracé prévoit en passage en pleine couronne parisienne, notamment à Aulnay-sous-Bois via les voies du RER B, déjà saturées par le nombre de voyageurs utilisant cette ligne.

Environ 1050 km d'autouroute ferroviaire relieront en 2016 les terminaux de Tarnos dans les Landes et de Dourges dans le Pas-de-Calais. | (C) SNCF

Environ 1050 km d’autoroute ferroviaire relieront en 2016 les terminaux de Tarnos dans les Landes et de Dourges dans le Pas-de-Calais. | (C) SNCF

Un projet d’autoroute ferroviaire traversant la France a été lancé il y a quelques mois par le ministre des transports Frédéric Cuvillier, reliant les terminaux de Tarnos dans les Landes et de Dourges dans le Pas-de-Calais. Selon le ministère, cette autoroute ferroviaire Atlantique permettra de reporter de la route vers le rail plus de 85.000 poids lourds par an, réduisant ainsi les émissions de CO2 d’environ 100.000 tonnes en régime de croisière. Un projet « bénéfique pour l’environnement et la sécurité » qui pourrait diminuer les pollutions dues à la circulation, la réduction des nuisances sonores et favoriser la décongestion routière. Toujours selon l’Etat, le report de trafic de la route vers le rail permettra une économie d’environ 166 M€ sur les 15 années d’exploitation du service, prévues par le contrat de concession signé le 20 mars dernier avec une filiale de la SNCF. Sur 50 ans, ce chiffre atteint même 404 M€ selon l’évaluation réalisée par le Commissariat général à l’investissement.

Des convois d’un kilomètre de long traverseront les voies du RER B

Pourtant, le projet est très controversé. En effet, le service envisagé comprendra quatre allers-retours quotidiens de trains longs d’environ 1000 m en pleine zone urbaine, traversant la couronne parisienne d’est en ouest et passant notamment par Aulnay-sous-Bois. Lorsque ce projet pharaonique a été dévoilé, nombreux ont été les maires franciliens à exprimer leur colère et leur désaveu. A commencer par le député-maire (UDI) de Drancy Jean-Christophe Lagarde qui expliquait en Juin dernier déjà subir « le passage de convois radioactifs » par sa ville. Une enquête publique a alors été organisée dans les villes probablement traversées par le convois en mai 2014. Toutes… sauf 21, dont 8 en Seine-Saint-Denis, qui ont été oubliées ! L’Etat avait donc lancé une nouvelle enquête dans ces villes du 23 juin au 23 juillet dernier, regrettant « une erreur » de RFF (Réseau Ferré de France).

Aulnay-sous-Bois évincée de la concertation

Mais l’oubli ne s’arrête pas là. Puisqu’à Aulnay-sous-Bois, aucune enquête publique n’été organisée ! C’est le maire (UMP) de la ville Bruno Beschizza qui a écrit le 24 Juillet dernier au Préfet du Pas de Calais pour signifier l’oubli. En effet, une enquête publique « relative au projet aurait dû se dérouler à Aulnay-sous-Bois du 5 Mai au 5 Juin 2014 » mais n’a pas eu lieu explique l’édile dans sa lettre, dont nous avons obtenu une copie. Il explique ainsi « que la ville n’a pas reçu l’arrêté préfectoral d’ouverture de cette enquête publique ».  Pour Bruno Beschizza, « des trains de plus d’un kilomètre traverseraient le coeur de la ville d’Aulnay-sous-Bois en utilisant les voies existantes du RER B. Les enjeux économiques, qui restent à démontrer, et écologiques de ce projet ne peuvent justifier les multiples préjudices que devront subir nos concitoyens. » Le maire détaille également dans sa lettre les risques qu’entraînent une telle circulation au travers de la zone urbaine: « le risque inhérent au transport de produits dangereux pour la population et l’environnement en cas d’accident ferroviaire ; l’accentuation des nuisances sonores et des vibrations que les riverains devront supporter […] ; l’impact de circulations ferroviaires supplémentaires sur un axe d’ores et déjà saturé et un réseau vétuste souffrant d’un manque d’investissement depuis une vingtaine d’années ». En conclusion de sa lettre, Bruno Beschizza « dénonce des méthodes qui occultent toute concertation avec les habitants ». A ce jour, aucune réponse n’a été donnée au courrier.