CDG Express : Le Maire Bruno Beschizza écrit au Préfet

Le CDG Express doit permettre de relier la gare de l’Est à l’aéroport de Roissy en 20 minutes. © Silvio d’Ascia Architecture

Dans le cadre de la mission de concertation autour du CDG Express confiée par la Ministre des Transports, Elisabeth Borne, au Préfet de la Région Île-de-France Michel Cadot, le Maire d’Aulnay-sous-Bois Bruno Beschizza a écrit un courrier la semaine dernière afin de préciser à l’Etat les demandes de « garanties et assurances vis-à-vis du RER B, notamment pour la période 2021-2023 ».

En effet, durant cette phase de travaux, des « interruptions de lignes seront fréquentes » sur le RER B et la Ligne K et la émise en place de bus de substitutions pour pallier à cela impactera fortement la circulation de tout le département de la Seine-Saint-Denis » avec de 350 bus par heure en circulation, dont 50 par heure rien qu’à Aulnay-sous-Bois.

Dans ce courrier, le Maire exprime son intérêt pour la « proposition de création d’un comité de pilotage » des travaux du CDG Express formulée par le Préfet. Bruno Beschizza indique également souhaiter « davantage de garanties » suite aux annonces de la Ministre des Transports la semaine dernière. Elisabeth Borne a en effet confirmé que cette liaison ferroviaire entre Paris et l’Aéroport Charles De Gaulle « sera réalisée, mais que plus de 500 millions d’euros prévus pour le CDG Express seront affectés à l’amélioration des transports du quotidien dont le RER B ».

CDG Express : les inquiétudes se poursuivent pour les transports du quotidien

Bobigny, le 25 janvier 2019. Deux élus d’Aulnay-sous-Bois ont été reçus à la Préfecture pour évoquer les craintes liées au projet CDG Express. © DR

Le Préfet de Région Michel Cadot a remis, cette semaine, un rapport sur le projet controversé de liaison directe ferroviaire à grande vitesse CDG Express à la Ministre des Transports, Elisabeth Borne. Pendant le mois de janvier, le Préfet a rencontré les associations d’usagers, les élus locaux et les opérateurs concernés par le projet dans le cadre d’une mission de concertation destinée à rassurer les acteurs locaux et à établir un calendrier pluri-annuel tenable pour mener l’ensemble des travaux nécessaires à la mise en service du CDG Express, et à la modernisation des infrastructures du RER B.

Dans une interview accordée cette semaine au Parisien, la Ministre s’est dite favorable au projet, tout en assumant que des ajustements de calendrier seront nécessaires pour mener à bien l’ensemble des 15 chantiers majeurs à mener sur l’axe ferroviaire nord d’ici 2025. « J’assume d’avoir pris le temps pour écouter les inquiétudes et y répondre(…). Le contrat de concession sera signé dans les prochains jours. C’est indispensable pour pouvoir donner le coup d’envoi des travaux sans perdre de temps » détaille la Ministre.

Aulnay souhaite un contrat gagnants-gagnants

Le 25 janvier dernier, les élus locaux ont été reçus en préfecture pour exprimer leurs inquiétudes et obtenir des réponses concrètes de l’Etat et des futurs concessionnaires de la ligne CDG Express. La Ville d’Aulnay-sous-Bois a maintenu sa position de défense des usagers des transports du quotidien. L’adjoint au Maire Frank Cannarozzo a ainsi demandé au Préfet que l’Etat « s’engage sur un contrat gagnants-gagnants ».

Gagnant pour les usagers de la zone aéroportuaire, dont la desserte est aujourd’hui inadaptée avec un réseau routier saturé et une cohabitation complexe dans les rames du RER B entre voyageurs équipés de valises et travailleurs quotidiens. Gagnant pour les usagers du RER B, de la Ligne K et du TER Paris-Laon, afin de limiter l’impact du CDG Express sur la circulation des trains en phase de travaux et en phase d’exploitation.

15 projets majeurs pour l’axe nord d’ici 2025

La Ville d’Aulnay-sous-Bois demande des engagements de l’Etat sur le calendrier des travaux prévus entre 2021 et 2023. La mise en oeuvre des 15 projets majeurs sur l’axe ferroviaire nord, tels que la modernisation de la Gare du Nord, la réalisation des interconnexions avec le Grand Paris Express, le renouvellement des infrastructures (voies, caténaires, aiguillages, signalisation…) du RER B pour la mise en service de nouvelles rames d’ici 2025 ou encore la création de points de retournements des trains à La Plaine, Le Bourget et Aulnay, nécessitera forcément des interruptions de trafic pour les usagers des transports du quotidien, et donc la mise en place de bus de substitution qui formeront donc des nuisances pour les riverains et les usagers.

Parce que le tout tout de suite n’existe pas, surtout en matière de deniers publics, la Ville souhaite aussi que l’Etat s’engage sur un plan pluriannuel d’investissements pour les transports ferroviaires et autoroutiers dans le nord-est parisien. Car les difficultés de circulation concernent aussi la route, avec des bouchons sur les grands axes qui causent quotidiennement des reports de trafic dans les petites rues des villes environnantes, dont Aulnay-sous-Bois.

Valérie Pécresse n’est pas convaincue

La Présidente de la Région Île-de-France et de l’autorité organisatrice des transports Île-de-France Mobilités, Valérie Pécresse, « prend acte » que sa crainte de « dégradation des conditions de transports des voyageurs du RER B a été entendue par la Ministre ». Elle s’estime néanmoins « pas convaincue de la capacité de SNCF Réseau de réaliser le projet CDG Express d’ici à 2024 sans dégrader les conditions de circulation des 1,6 millions de voyageurs de l’axe nord ».

Valérie Pécresse indique également rester « très vigilante sur les annonces de l’Etat » attendues début avril « concernant le calendrier du projet CDG Express et les garanties que l’Etat apportera pour les usagers de la ligne B ». Pour rappel, dès le mois de décembre dernier, la Région a demandé à l’Etat de « suspendre les travaux tant que toutes les garanties (…) n’auront pas été données ». Une demande qui n’a hélas pas été entendue. En pleine phase de concertation, les premiers chantiers ont commencé la semaine dernière au niveau de Mitry-Claye, au grand dam des élus locaux qui dénoncent « une concertation pipée ».

Le projet controversé du CDG Express n’est pas prêt de faire l’unanimité en sa faveur.

Le chantier du nouveau centre aquatique d’Aulnay-sous-Bois a commencé

Le futur centre aquatique d’Aulnay-sous-Bois prévoit une offre de services en phase avec les attentes des habitants. © Spie Batignolles Espaceo / Chabanne Associés

Suite à la fermeture du stade nautique de Coursailles depuis 2014 à cause d’une dégradation de la structure du bâtiment, la Ville d’Aulnay-sous-Bois a lancé la construction d’un nouveau centre aquatique moderne. Livraison prévue pour l’été 2020.

C’est officiel : un nouveau centre aquatique va enfin voir le jour à Aulnay-sous-Bois. Fermé depuis septembre 2014, l’actuel stade nautique de Coursailles n’est plus en mesure d’accueillir le public suite à la découverte d’une importante fissure d’une poutre en bois qui soutien la toiture, laissant craindre un effondrement de la structure. Dès 2016, la Ville a souhaité entamer des démarches pour envisager le reconstruction intégrale d’un nouvel édifice, la réparation n’étant pas économiquement viable sur du long terme.

La démolition va démarrer d’ici la fin du mois

A l’issue d’une phase de concertation menée avec la population en octobre 2016, la Ville a lancé début 2017 une démarche de nomination d’un délégataire de service public pour la réalisation et l’exploitation du futur centre aquatique de la Ville. C’est-à-dire que la Ville va déléguer à une entreprise privée la tâche de la construction et de l’exploitation de cet équipement municipal pour une durée de 25 ans. C’est cette entreprise qui va investir pour réaliser les travaux et gérer cet équipement pour le compte de la Ville.

Fermé depuis 2014, le site de l’ancien stade nautique s’apprête à accueillir un ballet d’engins de chantier. © 93600INFOS.fr

Cet été, le conseil municipal du 18 juillet 2018 a entériné le choix du délégataire, parmi les deux entreprises qui étaient candidates. C’est le groupement ESPACEO qui réalisera ce projet sur le site de l’actuel stade nautique de Coursailles. Comme annoncé par le Maire Bruno Beschizza il y a quelques mois, les travaux ont commencé cet automne avec une phase de dépollution. Les travaux de démolition sont aussi entré dans le vif du sujet depuis quelques jours dans les bassins extérieurs. S’en suivra ensuite l’opération de construction du nouvel équipement dès le mois de mars 2019. La livraison du centre aquatique est prévue pour l’été 2020.

Une architecture respectueuse du cadre environnant

Le nouveau projet sera réalisé sur l’intégralité de la parcelle de l’actuel stade nautique. Le traitement architectural du bâtiment permettra une parfaite intégration dans l’urbanisme environnant et s’inspire des silhouettes de l’actuelle construction, en apportant néanmoins de la modernité dans les matériaux et les agencements.

Un espace de restauration sera proposé à l’intérieur et à l’extérieur de la piscine. © Spie Batignolles Espaceo / Chabanne Associés

Ce nouvel équipement sportif, conforme aux exigences techniques de chaque activité sportive, telles que les épreuves de natation et de plongeon, offrira aux sportifs les meilleures conditions pour s’entrainer et correspondra même aux impératifs décrits dans la candidature des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. En effet, le Gouvernement a d’ores et déjà annoncé qu’Aulnay-sous-Bois accueillera l’un des trois sites d’entraînements olympiques pour la natation en Seine-Saint-Denis.

L’ouvrage est fonctionnel et notamment par ses circulations, ses vestiaires, ses douches – sanitaires, son halle bassins, son espace bien-être et ses espaces de gestion. En plus des bassins intérieurs et extérieurs, de la rivière sauvage et du pentagliss, un restaurant est prévu dans le cadre du projet.

Du sport, des loisirs et de la détente

Trois espaces d’activités vont être aménagés. Un côté sportif, comportant l’univers « aquatique » doté d’un bassin olympique intérieur de 50 m x 21 m avec un fond mobile et un aileron mobile, d’un bassin de plongeon et de plongée, et d’un gradin de 300 places. Pour les enfants, un bassin de loisirs de 300 m2 et une lagune de jeux de 80 m2 sera prévue.

Un espace bien-être « balnéo » avec un hammam et un sauna sera aménagé. Une salle de fitness et de cardio-training formera un univers dédié à la « forme ». À l’extérieur, un bassin nordique de 25 m x 15 m sera ouvert toute l’année avec un accès direct depuis l’intérieur.

Côté loisirs, un bassin ludique, une plaine de jeux aqualudiques, un toboggan 4 pistes et une rivière sauvage de 150 m seront aménagés. Un solarium végétalisé et une plaine d’activités (beach volley, ping-pong, espace détente) seront aussi créés.

Les futurs bassins permettront d’accueillir davantage de classes simultanément que dans l’ancien équipement. © Spie Batignolles Espaceo / Chabanne Associés

Un équipement qui sera accessible et respectueux de l’environnement

Côté développement durable, la future piscine permettra d’atteindre 30% de consommation d’énergie en moins qu’un équipement classique. Plusieurs aménagements sont ainsi prévus : moquette solaire sur le toit, chaufferie numérique avec une récupération d’énergie liée à un data center, et récupération des calories sur les eaux usées. Ce futur équipement moderne, de grande capacité, aura un usage public, scolaire et associatif, offrant ainsi une mixité d’usages tant sportifs, ludiques que de bien-être. L’ensemble des infrastructures seront accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Le nouveau centre aquatique d’Aulnay-sous-Bois sera ouvert toute l’année, 7 jours sur 7, à l’exception d’une semaine de fermeture annuelle pour maintenance, ce qui est habituel pour ce type d’équipement. Les horaires d’ouverture seront évolutifs selon les espaces et les périodes de l’année.

À la demande la Ville, le délégataire proposera une tarification incluant un tarif préférentiel pour les habitants d’Aulnay-sous-Bois. Pour la natation, le coût de l’entrée sera ainsi de 3,30 € en tarif réduit (enfants de moins de 12 ans, étudiants, chômeurs, personnes à mobilité réduite…) et de 4,80 € en plein tarif.

Sur le site de l’ancien stade nautique, aujourd’hui fermé au public pour raison de sécurité, le chantier de construction s’annonce aux quelques rares passants. © 93600INFOS.fr

Le nouvel équipement coûtera moins cher que l’ancien

Quand on bâtit un équipement, il convient de distinguer le coût de la construction, qui correspond à de l’investissement, et le coût de fonctionnement, qui correspond aux dépenses qu’il convient de faire chaque année pour le faire fonctionner et entretenir correctement.

Ainsi, le nouveau centre aquatique représente un investissement de 35,8 millions d’euros, comprenant la démolition et la dépollution du site actuel, ainsi que la construction du nouvel équipement. Ensuite, il y a bien évidemment les charges de fonctionnement: les salaires de 32 postes à temps plein, les taxes et charges diverses, comme le chauffage, l’électricité et le nettoyage, les frais de maintenance, d’entretien et de remplacement de matériels, soit environ 1,5 million d’euros par an. Un peu moins, que l’ancienne piscine.