Le Parisien poursuit sa descente dans le rouge

Le groupe « Le Parisien », éditeur de deux quotidiens d’information et plusieurs magazines hebdomadaires, prévoit une perte de 17 millions d’euros en 2013 selon le journal économique « Les échos ». Une annonce qui sème le trouble et renouvelle l’inquiétude qui rôde autour de la presse écrite, un domaine déjà fragile depuis quelques années.

« Le Parisien », véritable entité de la presse écrite depuis 1944, est aujourd’hui dans le rouge sur le plan financier. | (C) 93600INFOS/Alexandre Conan

19,6 millions d’euros de pertes nettes pour le groupe « Le Parisien » en 2012. Le chiffre n’est pas connu annonce le journal économique « Les échos » dans son article paru ce matin qui a eu copie d’un rapport de cogérance du groupe. La famille Amaury, propriétaire du titre, n’a pas pour habitude de communiquer ses résultats. Le groupe « Le Parisien », qui édite le quotidien « Le Parisien » et « Aujourd’hui en France », prévoit une perte nette de 17 millions d’euros pour l’exercice en cours, selon le journal qui cite un rapport resté jusqu’alors interne. Les résultats seraient donc dans le rouge pour la quatrième année consécutive.

Plusieurs explications

« Le résultat de l’année dernière compte plusieurs éléments exceptionnels », a relativisé dans « Les échos » le directeur général du groupe Jean Hornain, en citant un « plan de départs volontaires » du « Parisien » concernant une cinquantaine de personnes, « des travaux de modernisation des bâtiments » ou encore « le surcoût, pour tous les éditeurs, de la restructuration de la messagerie de distribution de la presse, « Presstalis » « . Hors ces éléments, « notre résultat opérationnel reste négatif, mais s’affiche à -7 millions d’euros », ajoute le patron du « Parisien » cité par le quotidien. Ce résultat s’explique en partie par la baisse des revenus publicitaires et des ventes, mais le chiffre d’affaires a progressé d’un peu plus de 3% en 2012, à 221 millions d’euros. Le groupe a aussi investi en 2012 dans un nouveau magazine du week-end, qui a pesé sur les comptes de 2012 mais contribuera aux résultats cette année.

Une diffusion en baisse constante

« Le Parisien »-« Aujourd’hui en France » a vu sa diffusion se résoudre à 419.222 exemplaire en juin 2013. Depuis 2007, la diffusion moyenne par an a baissé d’environ 13% selon nos confrères. Côté internet, « pour la première fois cette année, les activités numériques devraient contribuer positivement au résultat », selon M. Hornain, cité par « Les échos ». Cette nouvelle confirme ainsi l’évolution de la presse papier qui doit se résoudre aujourd’hui à allier la rapidité des réseaux numériques à la force des publications papier. C’est le pari qu’a fait le journal « L’Opinion » lancé il y a quelques mois sur internet et dans les kiosques.

Hors de question de vendre les titres

Au-delà des chiffres, ce sont surtout les rumeurs de vente du groupe Amaury, qui édite aussi le journal sportif  « L’Equipe » (décliné en version télévisée sur la TNT gratuite HD depuis décembre 2012) et la très rentable « Amaury Sport Organisation » (organisateur entre autre du « Tour de France »), qui agitent l’entreprise. En effet, il y a trois ans Amaury avait envisagé une cession du « Parisien », avant de renoncer mais cela a laissé des traces. Le propriétaire à beau avoir injecté 30 millions depuis dans le titre pour le développer, rien n’y fait, les rumeurs courent toujours. « Ces rumeurs sont infondées. La cession du groupe ou de l’un ou l’autre de ses actifs n’est pas d’actualité et aucun mandat n’a été donné à aucune banque », affirme pourtant Philippe Carli, directeur général du groupe. Selon nos confrères des « Echos », ce n’est pas le meilleur moment pour vendre. « Le Parisien » et « L’Equipe » sont en pleine restructuration et ne récolteront pas les fruits de leurs efforts avant deux ans. La chaîne de télévision « L’Equipe 21 », un temps payante, et désormais gratuite sur la TNT, ne créera de valeur que dans quatre à cinq ans.



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Fondateur du site d'informations locales 93600INFOS.fr. Etudiant en communication.